
“Goodbye to you”..
février 17, 2008Papa,
Je peux l’écrire, mais pas le dire, parce que je ne sais plus comment on dit. Tu sais, il a fallu que j’oublie, pour me protéger. Je n’avais pas le choix. Pourtant, je ne suis pas parvenue à t’oublier complètement, Toi, ni à enfouir assez profondément tous mes souvenirs. Il y a tellement de choses qu’il faut que je te racontes.. D’abord, combien tu me manques. De toi, il ne me reste que des souvenirs; presque tous heureux c’est vrai, mais je donnerais beaucoup pour avoir la chance immense d’en créer encore d’autres avec toi.Il y a tellement longtemps que j’ai vu ton sourire pour de vrai, et pourtant, je peux encore le voir.. parce que tu sais, il y a quelques temps, j’ai retrouvé une photo de toi. Un morceau de cet “avant” que j’ai appris à chérir à mesure que tu t’éloignais. Sur cette photo, nos deux sourires sont figés, pour toujours, et je suis dans tes bras, devant ce joli gâteau d’anniversaire. A cet instant, je crois que je n’imaginais pas un jour devoir grandir sans toi. Au début, c’était difficile et je refusais d’admettre la vérité. Tout ce que je voulais, c’était rester pour toujours la “princesse” à qui tu peignais les cheveux pendant de longues minutes en me parlant doucement.
“Il y a des êtres que la vie te prend et ne te rends pas”. Alors, je suis devenue grande toute seule, malgré tout. Mais, sans toi, c’est différent. Depuis que tu n’es plus là, je n’ai pas cessé de te chercher; en vain. Dans tout ce que je fais, il y a la volonté de ne pas te décevoir, parce que plus que tout, je veux que tu sois fier de moi.
Tu sais, aujourd’hui je fais des études d’Histoire. Est-ce que tu te souviens de tous ces moments où tu me parlais d’Histoire? C’est auprès de toi que j’ai appris à aimer les histoires, et celle qui est la nôtre.Tu ne me parlais pas vraiment comme à une enfant,mais plutôt comme à quelqu’un qui est en mesure de comprendre toutes ces choses compliquées de “grands”, celles qui font véritablement l’Histoire. Bien sûr, j’aimerais beaucoup pouvoir te raconter ce que j’apprends dans cette grande école, que l’on appelle “université”. Il y a des choses dont j’aimerais discuter avec toi, pour connaître ton point de vue, et d’autres un peu plus drôles, ces anecdotes qui, après des pages et des pages de faits historiques dans un livre épais nous font sourire.. Il y a tant de choses à apprendre en Histoire, jamais je n’aurais imaginé en découvrir autant en si peu de temps. Mais, je dois t’avouer que je n’arrive pas toujours à être à la hauteur. Parce que, souvent, je ne parviens pas à travailler.Ces temps-ci, mes souvenirs de toi reviennent, toujours plus nombreux. Et, même si je les aime, ils me font mal. Parce que maintenant, je suis assez grande pour me rendre compte du décalage qui existe entre ces souvenirs heureux et le manque de toi. Oui, il y a des choses qui me manqueront toujours, malgré tout. Et puis d’autres, qu’il m’est impossible d’oublier.. « Bonne nuit ma chérie »…