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Abîmée.

juin 29, 2008

“Et quand j’ai peur, quand j’ai mal, je t’entends me redire.. “ma fille, je veux te voir sourire..”*

 

 
Wallen- “Papa”.

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“Fais-moi rire, s’il-te-plaît..”

juin 22, 2008
Va voir ailleurs.. et ne viens surtout pas bousculer mon coeur, même si sans toi je pleures..”
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“Alors ce sera comme si je n’étais jamais parti…”

juin 14, 2008
Comment t’écrire ? Le manque d’abord, conjugué ensuite au vide. Te dire que sans toi, plus rien ne semble avoir le moindre sens. Et aussi, que je déteste le fait que Demain soit arrivé.Parce qu’on savait tous les deux que lorsque ce serait Demain, il te faudrait partir, pour toujours. Que tes sourires-en-chocolat et mes “larmes-de-crocodile”, oui je t’entends encore me le murmurer, n’y changeraient rien.
“Lorsque l’être aimé disparaît à jamais,l’amour peut devenir un poison et faire mourir à son tour, celui qui est resté..”
                    “-Je compte jusqu’à trois.. ” . Est-ce que tu te souviens?
“-Un jour, tu m’oublieras.. il le faudra.
-Dis pas de bêtises..”
 Il y a ce froid,tu sais.Depuis que Demain est arrivé, et que je n’ai plus de larmes, il y a le froid, à chaque instant.Tu sais, les gens n’ont pas compris pourquoi je tenais si fort ce médaillon entre mes mains, tout à l’heure dans le train.Mais, après tout, j’m'en fiche.Parce qu’à ce moment, j’aurais donné n’importe quoi pour t’avoir à mes côtés, rien qu’un instant. Est-ce que tu crois qu’ils comprendraient ? Qu’ils sauraient seulement ce que ça signifie ? Ce que ça fait de se répéter, dix, vingt peut-être même cinquante fois par jour “plus jamais” ? 
 
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“J’ai le coeur qui va éclater..”

mai 17, 2008

Parce qu’aucun autre mot ne saurait expliquer ces papillons… et que, tu es le seul qui saurait comprendre pourquoi.

                                 I   miss   you..
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Make it count..

avril 22, 2008
« -Qu’est-ce qui ne va pas ? Depuis quelques temps, tu ne manges presque plus et je t’ai entendu marcher la nuit dernière à l’étage, tu ne dormais pas.. 

- Si, ça va, je vais bien. Mieux que jamais. »

 

 

Et, c’était vrai. Parce qu’elle venait enfin de comprendre ce qu’elle refusait d’admettre depuis des mois. Oui, elle avait compris à présent: qu’elle ne voulait plus être loin de lui.et combien son sourire lui manquait à chaque instant.« -Fais-moi rire, s’il-te-plaît.. ».Immédiatement, il avait sû trouver les mots pour raconter des bêtises-qui-font-rire, et elle avait sourit. Avant de se mettre à rire, alors que personne n’avait réussi depuis des mois. Rire pour de vrai, parce que c’était lui. Ce soir-là, il était impossible que la pluie continue à tomber..impossible. Mais, comme elle était un peu superstitieuse, alors elle n’osait pas prononcer les-trois-mots. D’ailleurs, ils n’auraient rien changé. Elle comprenait à présent leur signification, sans même avoir eu besoin de les entendre, ou de les dire. Et puis, lorsqu’on le lui demandait, à demi-mot, si elle l’était..amoureuse, elle ne répondait pas. Ses yeux brillants et le rose de ses joues le faisaient à sa place, avant même qu’elle n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche.

                                  « You’re my kind of beautiful.. »

Parce que c’était là aussi, l’un des seuls endroits où elle se sentait réellement bien. Au creux de ses bras, la main au-dessus des battements de son cœur, pour la bercer doucement… pendant des heures entières. La mélodie qu’elle préférait, entre toutes. Incontestablement.
«- Parce que sans toi, voir Demain n’aurait plus aucun sens..
- Bien sûr que si! Quoiqu’il arrive, je veux que tu me promettes de toujours attendre Demain avec impatience. Et, je suis sérieux, très sérieux.
- Non, je veux attendre Demain avec toi, ou rien. Serres-moi fort.. »
 [...]

« -Mademoiselle, demain matin nous partons…

-Mais, où ? Et, qu’est-ce que je dois emmener ? »

Un silence, puis deux. Son sourire accentué de la jolie parenthèse sur sa joue gauche, qu’elle aurait tant voulu éternel.

« -Là où le temps n’a jamais compté. N’emmènes rien, ou juste le tien, de sourire. Vite, notre train part dans une heure.. »

 

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Jusqu’au bout du monde…

mars 28, 2008

“-Ecoutes,il faut que tu me racontes. Tu sais, parfois, il faut parler de toutes ces choses qui font mal pour qu’enfin ça aille mieux et..

- Ca ne fait pas mal, ça brûle.”

Elle l’avait brusquement interrompu, avec un ton beaucoup plus blessant qu’elle ne l’avait voulu. Il y eut un silence,puis elle reprit doucement, comme pour s’excuser un peu d’avoir été aussi cassante:

“- Même après tout ce temps.

- Je voudrais t’aider,mais comprends-moi, si je ne sais pas ce qui est arrivé, c’est difficile.

-Alors d’accord..

Elle sourit faiblement,pour le rassurer, et commença à raconter. Lui dire d’abord le vide. Comme après une longue nuit de tempête, lorsqu’il faut ramasser les débris le lendemain matin, comme quand il ne reste plus rien et que se tenir encore debout devient difficile. Cette impression de ne plus vivre qu’à demi, d’accomplir le moindre geste par devoir afin de garder les apparences; à la manière d’un pantin. Alors qu’en réalité, plus rien n’a de sens. Alors qu’à l’intérieur, il n’y a plus que du gris. Elle lui dit aussi comment elle est devenue imperméable, comment les émotions glissent sur elle, sans qu’elle ne fasse d’effort pour se les approprier, ou pour s’y accrocher. Rien, sauf peut-être cette musique… toujours la même, tellement douce; tendrement entêtante par instants.. les notes jouées au piano qui s’égrennent doucement, une à une. Elle connaît chaque seconde de ce morceau par coeur.Parce qu’elle l’a vu tant de fois le jouer devant elle, assis sur le petit banc recouvert de velours et avec ce sourire malicieux au coin des lèvres qu’elle aimait tant. Elle l’aimait. Etrangement, alors qu’elle lui avait toujours promis de ne jamais parler à l’imparfait, à présent, elle ne connaissait plus d’autre façon de conjuguer les souvenirs. Les souvenirs, c’était tout ce qui lui restait, ou presque. Leurs deux sourires, sur d’innombrables photographies, qui ne cessaient de lui rappeler combien elle avait été naïve de croire qu’elle pourrait le sauver, le retenir encore auprès d’elle.

“Tu sais, je m’inquiète pour toi. Il ne faudra pas être triste lorsque tout sera fini, parce qu’il te restera tant de choses à accomplir…”. Elle entendait encore ses mots, distinctement. Il les avait murmurés, au prix d’un effort douloureux; parce que malgré son sourire et la morphine, la douleur s’installait chaque jour un peu plus solidement.Oui, malgré tout, ç’avait toujours été ainsi.. il s’inquiétait toujours pour elle, alors que ç’aurait dû être l’inverse.Ces dix-huit mois passés auprès de lui avaient été plus intenses que tout ce qu’elle avait pu vivre auparavant. Elle perçut une pointe de jalousie dans son regard lorsqu’elle lui parla de leurs projets abrégés, de leurs expéditions “au Champ” pour s’étourdir de ciel bleu, avant de tomber au sol et de s’endormir sous le soleil d’été.. de leurs lectures à quatre mains les jours de pluie, et puis de cette infinie tendresse avec laquelle il replaçait cette mèche de cheveux, éternellement indisciplinée, derrière son oreille.Et puis, il y avait eu ce moment difficile, le premier d’une longue lignée. Il lui avait avoué très simplement, il ne voulait pas être considéré différement des autres, simplement parce qu’il était malade.Elle n’avait pas pu retenir ses larmes lorsqu’il lui avait confié combien c’était étrange pour lui de savoir quand il mourrait. De connaître le moment précis, celui où il devrait s’en aller, quoi qu’il arrive. A mesure qu’elle essayait de raccomoder entre eux ses souvenirs pour retranscrire toutes ces images ancrées en elle, sous forme de mots, elle recréait leur univers.Il fallait qu’il sache la vérité,alors elle décida de ne rien omettre. Elle lui raconta toutes ces journées, passées allongée tout contre lui, la tête posée au creux de son épaule, alors que son état s’aggravait encore. Ils savaient tous les deux que chaque jour passé ensemble les rapprochait davantage de la fin.Et pourtant.[...]

 

 

 

 

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“Goodbye to you”..

février 17, 2008

Papa,

Je peux l’écrire, mais pas le dire, parce que je ne sais plus comment on dit. Tu sais, il a fallu que j’oublie, pour me protéger. Je n’avais pas le choix. Pourtant, je ne suis pas parvenue à t’oublier complètement, Toi, ni à enfouir assez profondément tous mes souvenirs. Il y a tellement de choses qu’il faut que je te racontes.. D’abord, combien tu me manques. De toi, il ne me reste que des souvenirs; presque tous heureux c’est vrai, mais je donnerais beaucoup pour avoir la chance immense d’en créer encore d’autres avec toi.Il y a tellement longtemps que j’ai vu ton sourire pour de vrai, et pourtant, je peux encore le voir.. parce que tu sais, il y a quelques temps, j’ai retrouvé une photo de toi. Un morceau de cet “avant” que j’ai appris à chérir à mesure que tu t’éloignais. Sur cette photo, nos deux sourires sont figés, pour toujours, et je suis dans tes bras, devant ce joli gâteau d’anniversaire. A cet instant, je crois que je n’imaginais pas un jour devoir grandir sans toi. Au début, c’était difficile et je refusais d’admettre la vérité. Tout ce que je voulais, c’était rester pour toujours la “princesse” à qui tu peignais les cheveux pendant de longues minutes en me parlant doucement.

“Il y a des êtres que la vie te prend et ne te rends pas”. Alors, je suis devenue grande toute seule, malgré tout. Mais, sans toi, c’est différent. Depuis que tu n’es plus là, je n’ai pas cessé de te chercher; en vain. Dans tout ce que je fais, il y a la volonté de ne pas te décevoir, parce que plus que tout, je veux que tu sois fier de moi.

Tu sais, aujourd’hui je fais des études d’Histoire. Est-ce que tu te souviens de tous ces moments où tu me parlais d’Histoire? C’est auprès de toi que j’ai appris à aimer les histoires, et celle qui est la nôtre.Tu ne me parlais pas vraiment comme à une enfant,mais plutôt comme à quelqu’un qui est en mesure de comprendre toutes ces choses compliquées de “grands”, celles qui font véritablement l’Histoire. Bien sûr, j’aimerais beaucoup pouvoir te raconter ce que j’apprends dans cette grande école, que l’on appelle “université”. Il y a des choses dont j’aimerais discuter avec toi, pour connaître ton point de vue, et d’autres un peu plus drôles, ces anecdotes qui, après des pages et des pages de faits historiques dans un livre épais nous font sourire.. Il y a tant de choses à apprendre en Histoire, jamais je n’aurais imaginé en découvrir autant en si peu de temps. Mais, je dois t’avouer que je n’arrive pas toujours à être à la hauteur. Parce que, souvent, je ne parviens pas à travailler.Ces temps-ci, mes souvenirs de toi reviennent, toujours plus nombreux. Et, même si je les aime, ils me font mal. Parce que maintenant, je suis assez grande pour me rendre compte du décalage qui existe entre ces souvenirs heureux et le manque de toi. Oui, il y a des choses qui me manqueront toujours, malgré tout. Et puis d’autres, qu’il m’est impossible d’oublier.. « Bonne nuit ma chérie »…

 

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“Sometimes the last person on earth you want to be with is the one person you can’t be without…”

février 7, 2008

“- Montes d’abord, je vais prendre ta valise.

 -Je peux le faire toute seule, tu sais…

-Non, j’insiste.”

Elle détestait lorsqu’il se comportait ainsi avec elle, lorsqu’il la considérait comme l’enfant qu’elle n’était plus. Avec un soupir, elle laissa à contrecoeur sur le quai sa grande valise rouge et monta dans le train. Là, elle fit quelques pas, s’avança vers le premier compartiment libre qu’elle aperçut, et comme chaque fois, choisit la place tout contre la fenêtre. Tout en fermant les yeux pour appuyer doucement sa joue contre la vitre, elle songea qu’il fallait qu’elle lui dise.Non, elle n’avait pas le droit de lui cacher plus longtemps. Louis la rejoignit quelques minutes plus tard alors que le train commençait à avancer.Elle sut que c’était lui, avant même qu’il ne s’approche pour murmurer:
“- Tu sais bien que je ne monte jamais en premier lorsque je suis avec toi pour prendre le train..”

Elle n’ouvrit pas les yeux, elle connaissait par coeur ce sourire, que les semaines,puis les mois passés ensemble avaient transformé en une grimace hypocrite.

“- Je t’aime.., murmura t-il encore.”
Pour toute réponse, elle se leva et gagna la porte du compartiment pour atteindre le couloir. Il ne viendrait pas la chercher, pas ici. Pourtant, elle n’avait pas voulu lui faire de mal, et puis elle y avait crû sincèrement,au moins au début. Cette fois-ci, elle avait essayé de lui expliquer, pour qu’il comprenne parce que contrairement aux autres, elle tenait à lui, tout de même. Seulement voilà, c’était toujours la même histoire. Dès que l’on s’attachait un peu trop à elle, il fallait qu’elle parte, loin. Elle avait à présent posé ses deux mains sur la fenêtre glacée pour regarder à travers celle-ci le soleil s’éveiller. Cela faisait plus de trois mois qu’elle lui mentait, qu’elle se mentait.