Univers étranger que j’ai d’abord perçu comme un refuge où le silence, tant espéré, régnait enfin. L’apaisement permis par le bruit régulier du ressac, la douceur du bleu à perte de vue, le vent capricieux et la tiédeur du sable.
Paysage apprivoisé lors de longues marches, infiniment plus paisibles lorsque le soleil éclairait les falaises, irrégulièrement taillées par les marées.
Te dire où elle s’en est allée..j’en suis bien incapable. Toujours est-il que c’est loin.
On me l’a répété des centaines de fois, et pourtant..j’ai toujours gardé cette tendance à enfouir les peines et les souvenirs douloureux, c’est comme ça. Invariablement, ils reviennent, tôt ou tard.
Pourtant, j’ai toujours pas envie de reparler du mois de mars. J’y arrive tout simplement pas. Malgré mes convictions, malgré l’absence de sentiment de culpabilité, impossible de nier que la tristesse est toujours là..tapie dans l’ombre.
J’ai beau dire, tu me manqueras toujours. Je fais la fière, je prétends que non..que j’me suis fait une raison près toutes ces années. La vérité c’est que j’ai jamais autant menti que depuis qu’on me pose des questions sur toi.
Pourtant, le miroir me renvoie toujours la même image et le voyage est toujours aussi pénible. Rien n’a changé. J’aurais aimé que tu décides de changer les choses. Quand je te regardes, j’ai encore dix ans et j’me pose encore les mêmes questions, inlassablement.
“On peut sécher ses larmes, mais son coeur, jamais”, Marguerite de Valois.